QVT : la sieste au travail pour une meilleure performance ?

 

Effets positifs sur la productivité, effets bénéfiques pour la santé, sécurité au travail… Les vertus de la sieste sont souvent mises en avant et rarement contredites.  Mais s’assoupir au travail a mauvaise presse et peut mener à la sanction… en France en tous cas.

Connaissez-vous l’Inemuri ?

Ce mot, que l’on traduit littéralement par « dormir quand on est présent », ou encore « être présent pendant le sommeil », désigne un art japonais : celui de la sieste-minute que l’on fait au bureau. Une façon pour les employés de montrer à quel point ils sont impliqués dans leur travail. En effet, compte tenu du temps passé à travailler, ceux qui pratiquent l’Inemuri sont ceux qui n’ont plus le temps de dormir chez eux !

L’Inemuri respecte des règles informelles. Il ne s’adresse pas à tous les employés mais principalement à ceux qui ont des responsabilités et de l’ancienneté : les jeunes doivent avant tout acquérir de l’expérience pour pouvoir dignement y prétendre. L’Inemuri se pratique en public car les salariés doivent pouvoir reprendre le travail immédiatement au réveil si nécessaire. Ils restent ainsi pleinement engagés dans leurs responsabilités.

Officiellement, la durée de travail au Japon est de 8 heures par jour avec un maximum de 40 heures par semaine. En pratique, il y a un décalage énorme entre la règle et la réalité, à tel point que le phénomène inquiète. Le « karoshi », le fait de mourir par excès de travail, est courant et représente un véritable fait de société. En 2017, le Japon décidait même de plafonner les heures supplémentaires à 100 heures par mois.

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que l’Inemuri soit si bien vu, pour peu que l’on en respecte les codes. La micro-sieste se fait volontiers au travail (et dès l’école), dans les transports en commun ou dans tout autre lieu incongru et démontre tout simplement que vous êtes à bout de forces.

La mise en pratique

De nombreuses entreprises japonaises ont pris conscience de l’ampleur de l’Inemuri et ont mis en place certaines mesures : aménagement d’horaires, salles de siestes,… Mais l’Inemuri est si naturel et spontané, que les employés ont tendance à bouder ces initiatives. Mitsubishi par exemple avait tout prévu. Au siège, ce sont six salles dédiées à la sieste qui ont été aménagées : fauteuils-conforts inclinables, lumière douce… Il existe même un planning en ligne spécifique, pour réserver sa place. Mais les espaces « sieste » de Mitsubishi ne sont pas utilisés par les employés car ils préfèrent faire la sieste de façon traditionnelle à leur bureau.

Le Japon n’est pas le seul pays à citer ici. La sieste a plutôt bonne réputation partout dans le monde. En Chine par exemple, le shui wu jiaola (« sommeil du midi »), est prévu par la Constitution : l’article 43 prévoit depuis 1948 ce temps de repos.

Bien que la sieste au travail ne soit pas réellement intégrée en France, ce fait de société a naturellement créé des marchés spécifiques. Aussi, des entreprises proposent des gadgets permettant de rendre plus confortable la sieste flash au bureau : coussin-clavier, cravate gonflable, coussin-autruche…

 

 

Vers d’autres initiatives pour une meilleure performance

Ce phénomène, qui séduit peu à peu l’Europe ouvre d’autres marchés. C’est ainsi que le concept du bar à sieste fleurit à Londres, Madrid, Paris ou plus récemment à Rouen. Il s’agit d’espaces de détente proposant diverses formules : hamac, fauteuil « apesanteur » (posture semi-allongée, jambes surélevées), massages, musique zen ou fish spa. Tout est prévu pour un voyage zen, une micro-sieste ou un sommeil de 45 minutes ! De quoi déconnecter quelques instants, cette fois-ci hors du bureau. 

 

 

Si vous aussi, vous vous laissez tenter par un petit somme, sachez que la sieste est réparatrice. Le corps médical est unanime sur ce point. La sieste permet notamment de diminuer le stress en régulant certaines hormones. Elle renforce le système immunitaire, aide à combattre l’hypertension artérielle et a un effet positif sur la récupération musculaire. Comme toute période de sommeil, elle est propice à la réorganisation des réseaux neuronaux : votre concentration et votre mémoire n’en seront que meilleures.

L’Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance (INSEP), recommande ses bienfaits pour la performance des athlètes. Alors, devrions-nous tous faire des micro-siestes pour être plus performant ?

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