Travailler en full remote, quelles conséquences ?

Travailler de n’importe où et quand on le souhaite… Si à première vue, cette variante du télétravail peut être synonyme de liberté pour certains profils, le full remote présente, dans de nombreux secteurs, le risque de casser le lien social entre les acteurs de l’entreprise.

 

 

De nouvelles façons de travailler

Depuis quelques années, la notion d’équilibre entre le travail et la vie privée est devenue prépondérante pour les candidats comme pour les salariés. Et plus personne n’est totalement insensible à cette notion de qualité de vie. Révélé sous l’effet de la crise sanitaire, nous ne pouvons plus nier que le télétravail offre une certaine flexibilité sur ce point.

Grâce aux nouvelles technologies, les entreprises ont adopté progressivement cette nouvelle façon de travailler. Et si télétravailler partout où cela est possible devient un impératif, qu’en est-il du full remote ?

Le full remote, variante la plus extrême du télétravail signifie que le salarié ne vient pas, ou de façon très exceptionnelle, dans les locaux de l’organisation. Il y a donc une absence de lien physique permanente à l’entreprise et à sa communauté.

Pour rester compétitives dans un contexte de fort développement, certaines entreprises, en particulier dans le secteur de la tech, n’ont plus d’autres choix que d’accepter les demandes de certains profils qui exigent du « full remote » dans leur contrat de travail.

GitLab, une entreprise qui fonctionne en full remote 

Si je disais en introduction que le full remote avait pour conséquence de couper les liens, force qu’est de constater que le système peut fonctionner au moins d’un point de vue économique. Il pourrait donc s’amplifier.

GitLab, plateforme open-source, est un exemple historique et probant de full remote réussi. L’entreprise est née en 2012 en intégrant directement le concept de la distance. Les deux fondateurs de Gitlab, Dmitriy Zaporozhets et Sid Sijbrandij, ne se rencontreront physiquement qu’un an après la création de la plateforme. 7 ans plus tard pourtant, celle-ci est devenue la plus grande entreprise au monde à fonctionner en full remote, sans bureau ni siège social.

Des règles précises et strictes ont été posées (fréquences de réunions, logiciels utilisés…) afin de réguler le fonctionnement de l’entreprise et les collaborateurs, répartis dans une soixantaine de pays différents, se rencontrent bel et bien lors d’occasions ponctuelles. Le full remote, qui peut sembler très complexe à gérer, est une nécessité pour GitLab : grâce à une organisation asynchrone, l’entreprise fonctionne 24/24 partout dans le monde. C’est d’ailleurs ce qui assure sa compétitivité et sa pérennité.

Travailler à Barcelone, Rio, Bali, …en nomade digital

Le nomadisme digital est un cas particulier du full remote. Il consiste à tirer parti de la possibilité d’effectuer ses tâches à distance tout en voyageant. Idyllique pour certains profils, souvent idéalisé, notamment durant la pandémie, il s’est développé avec la montée en puissance d’internet et la multiplication des solutions numériques. Quand on sait que l’on peut se connecter de n’importe où avec n’importe quel réseau, cela ouvre des perspectives intéressantes. Celle en particulier de la mobiquité (mobilité et ubiquité) qui permettrait à chacun de vivre en même temps plusieurs expériences.

Cette nouvelle façon de travailler permet une forme d’émancipation, qui a déjà séduit de nombreux profils devenus des « digital nomads ». Dépendant de la technologie, le nomade numérique doit cependant toujours s’assurer de disposer de bonnes conditions : réseaux satisfaisants et fiables, sécurité et protection des données. Le choix des solutions techniques est donc déterminant, en termes de capacité comme en termes de sécurité. En ce sens, et devant l’ampleur de cette problématique pour les Directions Informatiques, l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) a publié un guide qui compile toutes les recommandations techniques et les bonnes pratiques d’usage en termes d’infrastructures informatiques.

 

 

Le full remote pour tous : un phénomène d’avenir ?

Le mouvement préexistait à la crise sanitaire, bien qu’il se soit accéléré et ait pris de l’ampleur dans le contexte que nous connaissons. Les métiers qui, aujourd’hui en tous cas, nécessitent une présence physique au sein de l’entreprise ne sont pas concernés. On ne peut pas en effet tout réaliser ou tout créer à distance ! En outre, le full remote est incompatible avec les valeurs, voire les traditions, de certaines entreprises. Le phénomène n’est pas toujours bien accepté ni considéré, à raison : comment entretenir en effet un véritable esprit d’équipe ? Que signifie une entreprise avec des collaborateurs qui ne se rencontrent jamais ou rarement, sans partage réel, sans cohésion interne ? D’autre part, de nombreux dirigeants qui n’aimaient pas le télétravail aiment encore moins le full remote et ne vont pas encourager cette pratique.

Néanmoins, cette tendance pourrait s’intégrer dans les futures évolutions du travail. C’est déjà un constat : entre difficultés de recrutement et externalisation des tâches, les entreprises n’ont parfois pas le choix. Elles doivent se dépasser et assouplir leurs règles pour rester compétitives. Il y a de de plus en plus de recrutement de salariés en full remote dans l’IT. Dans ce secteur et d’autres, lorsque les entreprises sont face à une pénurie de talents, elles recrutent dans d’autres régions de France – ou du monde – ce qui rend le 100% télétravail indispensable ou conseillé.

 

 

Le full remote a pris la forme d’un nouveau paradigme du monde professionnel. Même si l’on sait pertinemment qu’il est un non-sens dans certains secteurs d’activité, il reste un mode de travail répondant à de nouveaux besoins sociétaux. Certaines entreprises ont bien compris l’intérêt de la tendance. Toutefois, le full remote ne pourra se transformer en succès que si l’organisation des process est infaillible et si les temps d’échanges avec les collaborateurs sont bien planifiés, anticipés.

Sans ce minimum requis, il peut tourner à la catastrophe. En effet, moins d’attachement et de liens sociaux, dans une ambiance désorganisée, ne pourrait qu’inciter, plus facilement encore, à démissionner…

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