Au bout des plateformes, la précarité ? 1ère Partie

Uber, Deliveroo, Amazon, Pharmao, Yper… Du VTC à la livraison de repas ou de médicaments, l’essor récent des plateformes numériques de mise en relation est fulgurant. Engendrera-t-il des nouvelles formes de précarité ? 

 

 

Un « emploi précaire » est un emploi qui présente trop peu de garanties pour obtenir ou  conserver un revenu « acceptable » dans un avenir proche. La précarité au travail est susceptible d’entraîner d’autres situations précaires qui impactent le revenu, l’habitat, la vie familiale, etc.

Des revenus très faibles ou des contrats courts sur un marché du travail fortement affecté par le chômage sont les principales sources du travail précaire. Dans le contexte actuel de crise sanitaire et quand les opportunités professionnelles se raréfient, la tendance est à la diversification des missions. Et les plateformes sont sources de nombreuses opportunités.

 

 

Avant le Covid déjà, les modes de travail comme les modes de consommation avaient évolué. Une étude, menée par l’INSEE et relayée par L’Express en 2019, montrait une explosion des contrats courts en 20 ans. Dans cette même période, le taux d’embauche en CDD dans les entreprises d’au moins 10 salariés est passé de 30% à 90%.

 

 

La crise sanitaire a-t-elle dopé le phénomène en accélérant l’émergence de ces nouvelles formes de précarité ?

Vers une « nouvelle précarité » : de quoi parle-t-on ?

L’inventaire des emplois et des situations précaires est long. Néanmoins, on peut facilement remarquer qu’elles sont liées, en partie, au développement de l’entreprenariat individuel de ces dernières années. Le nombre de micro-entrepreneurs en France a évolué de façon exponentielle en 10 ans.

SOURCE : senat.fr

La tendance s’est amplifiée ces dernières années. Et elle s’est poursuivie en 2020 même si, au premier trimestre, le Covid a freiné son élan. A titre d’exemple, en région Hauts-de-France, ce sont 51 438 entreprises qui ont vu le jour en 2020, soit une augmentation de 5% !

Et nous constatons cette fois que le nombre de sociétés crées est resté stable. Ce qui a changé la donne, c’est le boom des entreprises individuelles (auto-entrepreneurs).

 

 

Tous les  secteurs sont concernés, pas seulement le numérique. Mais le développement des plateformes numériques a joué récemment un rôle prépondérant. Et, dans le secteur des transports, le nombre de micro-entrepreneurs « administrativement actifs » a progressé de 80,6 % en 2018.

En cause ? L’Ubérisation – entre autres. Mis à la portée de tous, le phénomène Uber offre une belle opportunité en apparence : diversifier facilement ses activités en s’appuyant sur l’essor des nouvelles technologies.

Et une véritable ruée a eu lieu…

 

 

La pandémie et ses conséquences

Le tableau est dressé : un contexte favorable aux contrats courts et des moyens technologiques qui ouvrent de nouvelles perspectives. De plus, le confinement a boosté l’utilisation des plateformes de mise en relation avec l’augmentation des commandes par internet.

 

 

Devant l’explosion du nombre de livraisons, il a fallu recruter plus de livreurs. De nombreux indépendants ont répondu présent à l’appel.

La pandémie a donc accéléré cet état de fait : avec une économie « à l’arrêt » et un nombre d’indépendants accru au cours des années, dans tous les secteurs, les fragilités sont maintenant plus visibles…

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