Travailler avec amour…

En cette période de rentrée et à une époque où nous n’aurons jamais autant parlé de perte de sens au travail, il est très réconfortant de lire ou relire cet extrait du célèbre recueil de Khalil Gibran « Le prophète » publié en 1923 et devenu très populaire dans les années 1960.

Avec un texte universel et intemporel, Khalil Gibran, poète et peintre (1883-1931) nous livre ici un très bel éloge de la valeur travail.

Qu’est-ce que travailler avec amour ?

C’est tisser une étoffe avec des fils tirés de votre cœur, comme si elle devait être portée par l’être aimé.

C’est construire une maison avec affection, comme si elle devait abriter l’être aimé.

C’est semer le grain avec tendresse et moissonner avec joie, comme si la récolte devait nourrir l’être aimé. 

C’est imprimer sur tout ce que vous façonnez le souffle de votre esprit. 

Et savoir que les morts bienheureux vous entourent et vous regardent.

Souvent je vous ai entendu dire, comme si vous parliez en dormant : « Celui qui travaille le marbre et trouve la forme de son âme dans la pierre est plus noble que celui qui laboure la terre ».

« Et celui qui saisit l’arc-en-ciel pour l’étendre sur une toile, à l’image de l’homme, l’emporte sur celui qui fabrique des sandales pour nos pieds ».

Moi, non pas dans mon sommeil, mais dans le plein éveil de midi,  j’affirme que le vent ne parle pas plus doucement aux chênes gigantesques  qu’aux plus infimes brins d’herbe,

Et que seul est grand celui qui transforme la voix du vent en un chant adouci par son propre amour.

Le travail est l’amour rendu visible.

 Si vous êtes incapables de travailler avec amour, mais seulement avec dégoût, mieux vaut quitter votre labeur, aller vous asseoir à la porte du temple et recevoir les aumônes de ceux qui travaillent avec joie.

 Car si vous cuisez le pain avec indifférence, vous cuisez un pain amer qui ne rassasie qu’à moitié la faim de l’homme. 

Et si vous foulez le raisin avec répugnance, votre répugnance distille un poison dans le vin.

Et si vous chantez comme les anges, mais sans aimer chanter, vous rendez l’oreille des hommes sourde aux voix du jour et aux voix de la nuit.

Khalil Gibran, « Le Prophète ». Extrait.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *