Great Place to Work® : Quand bien-être au travail rime avec performance

 Présent dans plus de 45 pays et fort de 600 collaborateurs, l’institut Great Place to Work®, fondé en 1991, a pour mission de créer, étudier et reconnaitre les environnements où il fait bon travailler. Grâce à une méthodologie rigoureuse et objective, l’entreprise  analyse un grand nombre de pratiques ainsi que les relations de travail qui doivent être basées sur la confiance, la fierté, et la convivialité. Chaque année, Great Place to Work® élit ainsi les meilleures entreprises et publie un palmarès avec leur classement.

Rencontre et explications avec Patrick Dumoulin, Directeur Général de Great Place to Work® France.

Agnès Duroni – Bonjour Patrick, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Patrick Dumoulin – J’ai rejoins l’Institut Great Place to Work® en 2007 et suis Directeur Général France depuis 2009. J’ai également travaillé en milieu industriel et passé 20 ans chez le numéro un mondial des cosmétiques.

Qu’est-ce qu’une entreprise où il fait bon travailler ?

C’est une entreprise où le salarié a confiance en son management, est fier de son entreprise et de sa mission, tout en travaillant dans une ambiance conviviale. Pour un dirigeant, c’est une entreprise qui atteint ses objectifs avec l’intime conviction que tout le monde participe aux objectifs, et les partagent dans une atmosphère conviviale. Il existe un lien entre performance économique et performance sociale. Le bien être au travail accroit la motivation et la performance, et au contraire diminue le turn-over et l’absentéisme.

Sur quoi repose la méthodologie Great Place to Work® ?

Le principe est simple. Il consiste à évaluer la confiance dans le management, la fierté au travail et apprécier l’ambiance de travail, grâce à un modèle unique. Nous sommes, en effet, les seuls à mesurer les pratiques managériales et l’ambiance de travail. Nous menons deux enquêtes au sein de chaque entreprise :

  • Une enquête principale avec un questionnaire de 59 questions adressé à l’ensemble des salariés ou un échantillon représentatif. Les résultats représentent 2/3 de la note finale.
  • Une seconde enquête qui permet d évaluer de façon qualitative la culture de la société et ses pratiques RH. (Le 1/3 restant de la note). Tout ce qui est écrit par l’entreprise doit être justifié.

La méthodologie est identique dans le monde entier. Chaque année, on publie en France un recueil des  bonnes pratiques, cette année il y en a un peu moins de 400 dont 56 étrangères (Canada, Corée du sud, Norvège, Italie, Allemagne, Etats Unis….).

Est-ce que vous conseillez également les entreprises ?

Oui, nous pouvons accompagner les sociétés qui souhaitent devenir une entreprise où il fait bon travailler et le rester ! Nous pouvons intervenir sous tout type de format : une ou plusieurs journées, interventions régulières tous les mois,… Mais ne l’oublions pas, la clef du succès est la motivation du comité de direction et du conseil d’administration de l’entreprise.

Quelle est l’évolution des tendances des sociétés ?

Clairement, aujourd’hui, les entreprises se préoccupent de plus en plus du bien être au travail. Au niveau des pratiques, on peut noter dans les grandes tendances l’équilibre vie privée/vie professionnelle, l’équité hommes/ femmes avec l’égalité dans l’avancement des carrières, l’éthique des dirigeants qui est devenu une exigence des salariés, l’ouverture du capital aux salariés, la promotion interne (McDonald’s, Leroy Merlin, Décathlon). Je remarque aussi qu’un grand nombre d’entreprises s’attachent à repérer et valoriser les potentiels en interne.

Quelles sont les chances de succès d’être lauréat?

Sur 146 sociétés postulantes en 2012, 46 ont été lauréates. Nous savons évaluer les pratiques managériales tout en tenant compte du contexte car nous sommes conscients que demander à être évalué est un acte de management fort et courageux. La démarche la plus importante est pour moi de mettre en place des actions pour devenir une entreprise où il fait bon travailler. On peut ensuite progresser chaque année dans les évaluations. Mais cela ne prend pas forcément des années. Je pense par exemple à Octo qui s’est retrouvé 1er au palmarès dès sa première participation en 2011.

Quel regard avez-vous sur le palmarès 2012 ?

Il y a les piliers du palmarès comme PespsiCo (depuis 8 années consécutives dans le Top 10), Microsoft (depuis 10 ans dans le Top10), Leroy Merlin, Accuracy, Ferrero, McDonald’s France…mais il y a également de plus en plus d’entreprises de créateurs français : Octo, SAS Bio 3G, Sarenza.com, Ebuzzing SA, Financière de l’échiquier, Square SAS, …Certaines grandes sociétés françaises restent frileuses à l’inverse des Etats-Unis où beaucoup de grands groupes postulent chaque année. Sur l’ensemble des sociétés qui figurent au palmarès, 88 % des salariés déclarent « La direction gère l’entreprise de façon honnête et en respectant des règles éthiques». Mais seulement 64 % des salariés des sociétés lauréates estiment que leur entreprise favorise l’équilibre vie privée/ vie professionnelle. Cela reste un axe de progression.

Quel est l’intérêt pour une société d’obtenir le label Best Workplaces France?

J’y vois deux intérêts. Le premier est interne : les collaborateurs sont en général fiers de participer à l’enquête et d’être lauréats. Le second est plus porté sur l’externe avec le développement de la marque employeur. Les jeunes sont d’ailleurs sensibles au classement qui est un vrai élément différenciateur. Je pense que cela contribue également à générer de la confiance et à forger la culture d’entreprise.

Est-ce que tout le monde a sa chance ?

Oui. Toutes les entreprises peuvent concourir! L’enquête est accessible à toute organisation (entreprise, association, administration) ayant un effectif minimum de 50 personnes. Ce n’est pas une question de taille, ni une question de secteur d’activité mais le projet doit être avant tout porté par le top management de l’entreprise. On retrouve d’ailleurs des qualités communes aux dirigeants des sociétés lauréates : la proximité avec leurs équipes, la disponibilité, l’accessibilité, l’optimisme et la vision : « savoir où on va aller ensemble et comment on va y aller ».

Le Palmarès 2012 des entreprises où il fait bon travailler

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